31 octobre 2006
Sous le sparadrap, mon talon...
Hé oui, le petit désagrément de la ballade de ce week-end est une cloque énorme (2cm de long, 1 de large et autant de haut, et je n'exagère pas!) sur mon talon droit (et une petite à gauche, pour faire symétrique). Je ne l'avais pas précisé tant c'est habituel pour moi d'avoir des ampoules, mais étant donné la taille de celle là et que demain je dois absolument faire rentrer mes petits petons dans des vraies chaussures (aujourd'hui j'avais des tongs), j'ai décidé de procéder à l'excision! Un peu de chirurgie sur moi même...
La première étape passait par la pharmacie, compresses, désinfectant, sparadrap (et au passage une crème anti-inflamatoire pour la petite tendinite que je me jure de prendre au sérieux depuis un mois).
Puis étalage sur mon bureau du matériel nécessaire au nettoyage de ce qui restera de mon talon après découpage de la peau morte et à la confection d'un pansement, lavage des mains au stérilium et des pieds au savon, désinfection des petits ciseaux de mon couteau suisse et de l'ampoule et ses environs... J'ai l'impression d'être en cours pratique de soins infirmiers, avec tout mon petit matériel bien rangé!
J'ai percé, vidé, découpé, désinfecté (je vous passe les détails), pas facile d'opérer son propre pied! Puis j'ai recouvert le tout de gaze anti-adhérante, scotché le tout et enfilé une chaussette.
Et bien ça fait vachement plus mal qu'avant!
30 octobre 2006
Le pourquoi de la paella
et autres informations intéressantes sur Valence et ses alentours.
C'est la partie pédagogique de mon week-end, organisé par un prof de géo. J'ai donc appris (avec plaisir, ma curiosité étant sans fond), qu' il y a très longtemps la ville où je vis c'était la mer et que grâce à deux rivières et au début de l'agriculture qui a augmenté l'érosion, les limons ont fait avancé la côte et laissé un grand lac qui communiquait avec le large. Lac dont les hommes ont peu à peu creusé le centre pour renflouer ses berges et bloqué ses accès à la mer pour mieux maîtriser la nature et l'eau. Lorsqu'il pleut, rarement mais intensément (tiens tiens, je l'avais remarqué, ça), les rivières débordent et inondent toute la vallée, dans laquelle pousse du riz et des orangers. D'où la paella. J'y avais jamais pensé, c'est bête mais bon, pour moi le riz ça vient de Chine et puis c'est tout! J'ai aussi vu à quel point le littoral espagnol est massacré par l'immobilier, que l'eau du lac cité plus haut est tellement polluée qu'elle est du même vert que les bonbons haribo...
Et puis tout le reste, et là je vais faire chronologique, pour que vous puissiez me suivre dans cette expédition " Le paysage valencien, de la mer à la montagne". Enfin montagne, peut-être pour un géographe espagnol, parce que faut rien exagérer, grosse bosse me semble plus approprié :-) Enfin bref, pour moi la montagne c'est escarpé et froid, et là on a eu plutôt chaud!
Rendez-vous samedi matin à 9h devant la fac où deux bus nous attendaient (quand même!) et quelques 80 promeneurs ensommeillés. Là un instant je redoute, les troupeaux c'est pas vraiment mon truc, en général. Mais tout c'est merveilleusement passé, il faut dire qu'être prêt à se lever tôt et marcher pour apprendre, ça trie de façon parfaite!!! Des erasmus donc (et la tendance se confirme, beaucoup d'allemands), des étudiants géographes espagnols et... une demi-douzaine de retraités! Eux aussi suivent des cours de géo, il y a une voie spéciale pour eux, avec diplôme et tout le tralala! Eux aussi sont des mines d'histoires sur la région, ils aiment raconter l'Espagne de quand ils étaient enfants, leur vie d'aujourd'hui aussi. Je sais donc quel est le meilleur riz pour faire de la paella, où acheter mes fruits et légumes et qu'il y a eu une grande inondation ici en 1982!
Dans le car tout le monde parle à tout le monde, l'idée est de faire connaissance, on parle on parle et on parle tant et si bien que j'aurais discuté avec presque tous avant dimanche soir.
Premier arrêt dans une pseudo réserve naturelle (avec constructions et gravats en tout genre) où le prof nous explique la formation du lac. Le ciel est gris et je sort mon pull: frustration! La météo avait dit "soleil" pour ce week-end. Puis bus juqu'à une superbe plage, quelques courageux se baignent, et nous apprenons comment les constructions changent la ligne de la côte.
Nous atteignons le lac, le soleil se montre enfin et des barques nous baladent, c'est très beau, des roseaux, des cabanes et des oiseaux, mais pas de pêcheurs, l'eau est trop polluée. Pic-nic, glace et c'est reparti, direction la montagne.
On observe depuis en haut, malgré la brume et on papote, il fait bon, il y a des planeurs télécommandés qui virevoltent au-dessus de nos têtes.
Re-bus direction le centre d'écotourisme (hé oui, on ne refait pas un géographe!) où nous allons manger et dormir. Je laisse un peu tomber la socialisation pour une petite sieste. La route est très sinueuse, les chauffeurs concentrés et la montagne ressemble beaucoup à celle que je connais, dans les Alpes de Haute Provence: aride, caillouteuse et broussailleuse. Le centre est charmant, on dort dans des cabanes, il y a un bar et de la bière fraîche, un repas qui nous attends, toute la nuit pour discuter. Je suis finalement poussée dans mon sac de couchage par le froid et l'idée de me lever dans si peu de temps... Une chance on changeait d'heure, 60 petites minutes de dodo gagnées :-)
Dimanche excursion, 15 km au programme, il fait beau et chaud, on partage des sacs à dos remplis de bouteilles d'eau et de mandarines de la montagne, trop bonnes, je vous jure ça change tout!!! (Et oui cher cousin, j'ai mangé des mandarines avant la date officielle, mais bon, il aurait été bête de rater ça!)
Les paysages sont superbes, quelques explications sur l'érosion et les façons de l'étudier (là j'ai un peu squatté dans un groupe de géographes, officiellement ouvert aux curieux) et du temps pour discuter, encore.
La ballade est une boucle, et l'anticipation de la paella de midi nous aide à parcourir les derniers kilomètres.
Une petite visite de la partie "éco" du centre, surtout de la recherche en agronomie, au pas de course parce que les bus sont là.
Le retour sera bien plus silencieux, rendez-vous est déjà pris pour une soirée photos et une dégustation de riz sous toutes ses formes, une liste de mails/numéros de téléphone est faite.
Je n'ai rencontré que des gens adorables, on va se revoir, c'est génial!
27 octobre 2006
Ce week-end
Je pars en excursion avec un prof de géo surmotivé bien décidé à faire découvrir aux erasmus que l'Espagne ce n'est pas que la plage.
2 bus, plus de 80 étudiants, de l'écologie, 15 km de marche dimanche entre mer et montagne, et du SOLEIL annoncé pour les deux jours!!!
Chouette, chouette, chouette :-)
Je prends mon appareil photo et vous raconte tout lundi ou mardi!
Et je réponds aussi à tous vos gentils mails, promis.
D'ici là, bisous à tous.
26 octobre 2006
Compañeras de piso - 3: Courant d'air
Il ne me manque qu'elle pour terminer ma série sur mes collocs. J'ai attendu pour la connaître un peu mieux histoire de savoir quoi vous raconter...
C'est l'espagnole de la troupe, la responsable de l'appart, celle à qui on paye le loyer.
Elle viens d'une petite ville près d'Alicante, où elle rentre tous les week-ends parce que son chéri est la-bas. Et ces derniers sont longs puisqu'elle n'a pas cours le vendredi et que souvent elle à la flemme de se lever tôt pour être en classe le lundi matin à 8h ;-)
Et puis elle a des horaires bizarres, des cours le soir à 19h, ce qui fait qu'on ne la voit pas beaucoup. Et quand elle est à la maison, elle est souvent dans sa chambre ou absorbée par la télé... C'est dommage pour notre niveau de conversation espagnole, mais je la comprends, attendre 3mn entre chaque mot de son interlocuteur ça doit être moyennement marrant. Elle est super gentille quand même, elle prend le temps de nous expliquer ce qu'on ne comprend pas, toujours disponible pour les conseils.
24 octobre 2006
Il fait bon vivre ici
Le soleil est revenu depuis quelques jours, et avec lui les jupes et les tongs.
Cet après-midi j'ai donc décider de me balader dans le jardin de la Turia, projet de longue date, enfin depuis que je suis là!
Je vous en ai peut-être déjà parlé: il y a bien longtemps passait dans la ville une rivière, demi cercle au centre duquel fue bâtie la vielle ville. Ladite rivière est maintenant asséchée et remplacée par un jardin, un peu en dessous du niveau de la ville et entouré de remparts. Il est parcouru de pistes cyclables (mon vééééélo :-( ), parsemé de places de jeux, de terrasses et de fontaines.
J'ai donc pris le métro et inauguré une ligne que je ne connaissais pas, visiblement plus ancienne que celles auxquelles je suis habituée, et changé à la station "Jesus" (il faut le souligner, non?).
Ce parc c'est la campagne au beau milieu de la ville, avec ses différents arbres et autres palmiers, ses étudiants vautrés dans l'herbe, ses cyclistes et joggeurs, ses classes sorties dessiner des feuilles, ses terrains de foot, ses fêtes d'anniversaire en préparation sur une place de pic-nic. Il y a même des policiers à cheval, pas mal le job!
J'ai pris plein de photos, malheureusement trop lourdes pour être incluses ici. J'ai pris le soleil aussi, et puis une ampoule m'ayant scalpé le petit orteil gauche (le droit n'a pas tardé à subir le même sort, vive la symétrie), je me suis décidée à remonter à la surface de la ville et à reprendre le métro. Et là oh surprise, le nom de la station me disait bien quelque chose... C'est là que je change chaque jour sur le chemin de l'uni. Et bien sortir de terre de temps en temps ça vaut le coup! La station est juste sous la Turia. Je poireaute un étage sous un petit paradis, chaque jour, sans le savoir!!!
Je suis donc passée chez le chinois (petites boutiques où l'on trouve tout et plus encore, pour presque rien) du quartier en rentrant, pour m'acheter une de ces plaque de plastique avec pince en haut, pour écrire sans table. Je sens que les quelques 1209 pages de médecine interne seront bien plus agréablement lues sur un banc au soleil qu'enfermée à la bibliothèque. Enfin, tant qu'il fait beau!
23 octobre 2006
L'horchata
Ca vous a peut-être échappé, mais ce week-end avaient lieu à Alboraya les journées mondiales de l'horchata. Je doute quelque peu que cet événement ait dépassé les frontières de la communauté valencienne, mais c'est une bonne occasion pour moi de vous parler de ce breuvage étrange.
En arrivant ici je me suis demandée ce que pouvait bien être cette boisson blanchâtre, très prisée sur les terrasses en fin d'après-midi, accompagnée de pâtisseries saupoudrées de sucre glace. De l'horchata! On en trouve dans les bistrots, les supermarchés et il y a même des stands qui lui sont réservés dans la rue (en cas de crise de manque subite, sans doutes!).
Cette fameuse mixture est préparée avec de la chufa (qui est la racine d'une plante nommée Juncia Avellanada), de l'eau et du sucre. On retrouve ici la forte influence arabe sur l'Espagne, la plante en question étant cultivée dans la région de Chuf au Soudan puis en Egypte il y a bien longtemps déjà. Et reconnue pour sa haute teneur en phosphore, potassium et vitamines C et E.
La légende populaire veut que son nom remonte à la conquête de Valence, quand "Jaime I el Conquistador" entra dans la ville on lui en offrit et il dit "Açò és or, xata" (Ceci est de l'or).
Et j'ai goûté! C'est bizarre, rafraîchissant mais trop sucré, vraiment étrange. Bon, j'avoue, je n'en ai jamais repris... Mais ça vaut vraiment le coup de tester :-)
22 octobre 2006
Bonne rentrée
à ceux qui commencent ou recommencent demain!
Courage, dans 9 semaines c'est Noël, les prochaines vacances et... je rentre :-)
Qu'est ce que vous écoutez, vous?
Parce que moi je tourne en rond dans mon ipod...
Et comme j'ai découvert CocoRosie grâce à cette bête question posée sur msn (merci, j'adore!), je profite de ma petite plateforme pour élargir mon univers musical!
Alors quel est le dernier CD qui vous a plu?
19 octobre 2006
Fatiguée
... par l'attention nécessaire pour comprendre et fonctionner dans une langue étrangère, dans deux ou trois même suivant les personnes et le moment. A cela s'ajoute la difficulté de ne pas tout mélanger.
... par les efforts constants de socialisation et par l'insécurité de ne pas avoir ses amis ici, mais des vagues copains et connaissance.
... par les horaires espagnols qui veulent que toute animation nocturne ne commence qu'à minuit alors que les cours sont à 8 heures le lendemain (et par ma conscience pointilleuse qui me pousse à me lever!).
... par mes rêves polyglottes et les noeuds qu'ils cherchent à défaire. Et pas vraiment reposée car Mlle Queso n'est pas la discrétion incarnée et mène une vie nocturne trépidante!
... par le fait que mine de rien j'étudie pas mal, entre les cours d'espagnol et ceux de médecine.
... Au point de refuser une sortie dans un sympathique bar à tapas!
18 octobre 2006
La tempête
Il faisait un peu gris quand je suis sortie de l'uni, un peu gris pendant que je buvais un café avec ma tandem (pour ceux qui ne connaissent pas, un(e) espagnol(e) qui veut pratiquer le français, on parle un moment espagnol puis français), un peu plus gris pendant que je me rendais au bureau de l'association erasmus. Carrément sombre lorsque j'en sorti avec un bon petit vent, vite vite je prends le chemin de la maison, mais je suis happée par une boutique de chaussures... J'en achète une paire, en solde puisque d'été.
J'ouvre la porte mais la referme aussitôt! Il pleut à verse, des trombes d'eau je ne sais pas comment ça se dit en espagnol, mais c'est le terme juste. Je passe une dizaine de minutes dans la boutique, à écouter les négociations d'un père avec sa puce, elle veut des sandales roses lui pense à des bottes d'hiver! Légère accalmie je zigzag entre les gouttes, qui se transforment bientôt en grêlons de 3-4 mm de diamètre, assez pour faire mal quand ils entrent en contact avec mon cuir chevelu. Je me précipite dans le premier supermarché venu, étudie en long et en large le rayon confiture (celle que j'ai achetée n'a aucun goût, ni de fruit ni de sucre) puis rejoints la horde des mamies coiffées de leur sac en plastic, et m'aventure dehors.
L'orage s'est calmé mais la ville étant réputée pour ses rares jours de pluie rien n'est prévu: les routes sont bombées et les bouches d'égout presque inexistantes, il est donc impossible de descendre du trottoir sans avoir de l'eau jusqu'aux chevilles!
Mais quand vais-je étrenner mes nouvelles chaussures?!?