L'aquarium

La vie d'une étudiante en médecine en Erasmus à Valencia

29 mai 2007

Ensorcelée

Une ballade dans Valence, ciel bleu. 93 photos.
Je suis folle de cette ville.
En rapporter de petits rectangles mats ou brillants avec moi, et fixer à jamais les sons, les odeurs et les couleurs dans ma tête.
Accepter de partir d'ici, bientôt.
Pas gagné.

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16 février 2007

Un jour peut-être

En rendant mon dossier erasmus, et après, avant de venir ici, j'étais d'un calme qui m'étonnais. Et quand j'y réfléchissais, je me voyais soit comme dotée d'une prétention sans fin, soit d'une inconscience folle! Je partais vivre et étudier dix mois dans une ville dont je ne parlais quasiment pas la langue, loin de mes repères géographiques, affectifs et culturels, sans que ça me trouble plus que ça...

Un semestre plus tard, je me présente à deux examens, sans trop y croire, sachant que je n'avais pas consacré beaucoup de temps à ces matières.

Et puis il y a quinze jours, je joue avec ma mauvaise foi. Un examen blanc d'espagnol pour savoir si je me présente au vrai, en mai. Que je décide de faire pour me prouver que je ne suis pas prête, et mettre une bonne fois pour toute fin à la question de cette inscription.

Finalement les trois examens se révèlent réussis, et mon séjour aussi, jusqu'ici. Ce qui me fait immédiatement dire que la correction a été sympa pour les erasmus, et que j'ai eu de la chance en espagnol...
Ce qui me fait penser, aussi (comme quoi tout n'est pas perdu!), que je pourrais envisager d'arrêter de douter, et avoir confiance en moi.

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03 février 2007

Résolution

Je ne lisais presque plus, depuis le début de mes études de médecine. Enfin, je parle de lecture pour le plaisir, hein, pas de notes/bouquins de cours!!!
Parce que les journées sont bien remplies, les vacances et les week-end souvent passés à la bibliothèque. Et qu'en rentrant, je suis juste bonne à me vautrer devant des séries télé, si je ne suis pas à la piscine ou devant un café, une bière ou une pizza avec des amis.
Mon univers s'est quelque peu rétréci, donc.
Parce que point de vue culture, malgré quelques cinés et sorties au théâtre et à l'opéra, c'était un peu la sécheresse, dans ma tête. Je ne parle même pas des journaux, si ma page d'accueil internet n'était pas, suivant l'époque, "Courrier International", "Le Monde" ou le "Diplo", voire les dessins de Chappatte (ce type est génial, du super résumé cynique à souhait), les USA auraient pu faire exploser la planète j'aurai été la dernière au courant (ah, c'est fait...). Le plus affligeant c'est que ce que je prenais la peine de lire c'était... des articles médicaux (qui, soit dit en passant, sont affichés à la bibliothèque). Bon au moins pour ça la télé permet de se tenir à peu près à jour (et le papa journaliste qui fait des résumés aussi ;-) ).

Enfin, me voilà en erasmus, un peu moins de boulot, beaucoup de trucs à découvrir aussi. Sur ce pays dans lequel je vis, sa culture, son histoire, sa géographie. Et là je découvre à quel point ça m'a manqué, cette curiosité pour le monde qui m'entoure, cette envie de tout comprendre et de tout savoir. En espagnol on dit "apprenti en tout et spécialiste en rien", c'est un peu péjoratif mais finalement tellement chouette!!!

Et maintenant que j'ai un assez bon niveau pour lire des romans espagnols en langue originale avec plaisir (ouais parce que si c'est pour lire le dico en parallèle c'est moyennement relaxant!), j'ai découvert un certain Eduardo Mendoza, qui non seulement écrit des histoires à mourir de rire mais en plus porte affectueusement un regard critique sur la société espagnole. J'adore. Et redécouvre les journées passées à lire "encore un chapitre" avant de faire quelque chose d'autre (genre les courses/voir des amis/de la médecine interne/ de la grammaire espagnole).
Je suis en vacances, il pleut, c'est donc l'occupation parfaite! Mais si le soleil revenait je pourrais lire dans un parc ou à une terrasse, ce serait bien, aussi ;-) (Oui, ceci est bien une réclamation à Monsieur Météo, je suis en Espagne, il doit faire beau, c'est tout!)

Et c'est un des changements que je veux rapporter avec moi en juin: ne plus oublier de prendre du temps pour d'autres activités cérébrales que mes études, nourrir ma curiosité sans fin, apprendre et découvrir, faire de moi une personne complète.
Et ça ne va pas être facile! Parce que, en plus d'avoir choisi des études longuettes et chronophages, je suis entière et passionnée par ce que je fais.

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21 décembre 2006

Absence

Pas posté depuis une semaine... et ça me manque! Plein de trucs à raconter, et bien envie de me poser devant mon clavier et de mettre des mots sur la tornade ces derniers jours bien remplis.
Mais je suis en vacances, donc très occupée. Logique, du moins pour moi.

J'ai un peu écourté la fin des cours pour accueillir trois amies en visite à Valence (5 jours parfaits, je vous raconterai) puis pour repasser à la maison avant de filer retrouver toute la famille chez mes grands-parents.
Deux jours chez moi pour gérer une pile de courrier, des lettres de motivations et des contrats de stage à signer et réexpédier, une famille et des amis à retrouver, un passage chez le coiffeur, des papiers à apporter aux différents secrétariats de l'université et le traditionnel apéro de Noël de la fac de médecine.
Ouf!!! Shootée à l'adrénaline et heureuse de toutes ces retrouvailles, mais là je n'ai qu'une seule envie: dormir.

Comme je ne sais pas si je vais réussir à trouver une connexion durant ces prochains jours, je vous souhaite à tous un très joyeux Noël.

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07 novembre 2006

Home sweet home

Trois fois en deux jours.
Trois fois les mêmes mots qui résonnent dans ma tête, comme à mon insu.
C'est la première fois, depuis que je suis ici, que mon inconscient me balance "Je veux rentrer", comme ça, sans prévenir.

Le premier était tout à fait instinctif, rentrer pour fuir, pour ne pas être dans cet ascenseur à chercher désespérément où était le rendez pour le cour pratique de gynéco. Faut dire c'était pas très clair, le nom de l'hôpital et l'heure. Voilà.
Optimiste et confiante (du moins pour trouver le lieu, parce que pour le reste j'ai stressé tout le week-end) j'ai commencé par demander à la réception, qui m'a envoyée dans le bâtiment d'à côté, où me dit de me renseigner au 1e. Là ils n'en savent rien mais on m'indique que le service est au 6e, que pour cela je dois changer d'aile... Je fini par trouver un ascenseur qui va jusque là haut. Je suis en retard, je déteste être en retard, comme je déteste être écrabouillée par mes semblables dans une boîte à chaussure qui pendouille dans le vide.
Finalement je rencontre des étudiants aussi perdus que moi, et on fini par découvrir, en repassant par le secrétariat de la fac, que nous avons rendez dans une salle de cour d'une autre fac, au sous-sol, pour un séminaire d'introduction... Ca aurait été sympa de préciser!

Sortie dudit séminaire je remâche ma déception en me baladant, sur les deux semaines de pratique prévus seulement 3 matinées et une garde au programme, c'est le prix à payer pour un luxe rare, chaque étudiant est seul avec un médecin.
J'adore la pratique, c'est la raison des heures de bibli, le grand frisson de la réflexion, de la rencontre, de la découverte des gestes, bref les bouquins deviennent réalité, enfin! Quel joie de raisonner, de jongler entre théorie et symptômes. Je m'y sens bien. Pas que je saches tout, j'ai mille et une choses à apprendre (voire plus, et tant mieux!), mais je sais que ça viendra, avec le temps et beaucoup beaucoup de travail, mais je me sens à l'aise, j'aime ça. Heureuse comme un poisson dans son bocal!
Mais loin de ces considérations, à nouveau je pense que je dois rentrer. Cette fois c'est réfléchi. Juste que si je fais si peu de pratique je vais non seulement ne pas avancer (et me faire distancer par mes collègues non migrateurs) mais aussi régresser, je vais être un véritable boulet en stage l'an prochain, genre pas capable de prendre une anamnèse, de poser son stétho là où il faut, de percuter sans planter mes ongles dans le dos du malheureux que j'ausculterai...

J'ai changé de groupe pour mes cours d'espagnol, bien obligée, puisque j'y allais le matin, tant que les pratiques n'avaient pas commencés. Nouvelles têtes donc, je suis un peu sauvage j'ai besoin de temps pour trouver ma place dans un groupe. A 17h30 j'en ai aussi un peu plein le dos, d'apprendre. Je préfère le matin, quand ma cervelle est encore toute fraîche. Bref, je me retrouve avec des Italiens obnubilés par le foot, sympa pour les parties d'oral, ils sont en majorité et ils parlent le plus fort,moi de toute façon j'ai pas grand chose à dire...
On attaque la grammaire, avec le subjonctif mon ennemis du moment. C'est mieux qu'il y a un mois, remarquez pas difficile j'en faisait un de juste au bol, de temps en temps. Mais pas encore acquis non plus, malgré le boulot.
J'en ai marre, de toute façon pourquoi je veux parler cette langue, il y a des fortes chances pour que je ne l'utilise pas beaucoup. Alors indicatif ou subjonctif, à quoi bon?
En plus il pleut, j'ai faim, il y a du monde dans le métro, mais qu'est ce que je fais ici?


Bah je sais bien que demain tout ira mieux, que je serai tout contente en blouse en salle d'écho, que j'adorerai parler cette langue et en éliminer peu à peu les fautes.
Mais je sais aussi que la vie loin de ma vie n'est pas plus parfaite que quand j'y suis.

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06 novembre 2006

"La seule permanence, depuis le début de la vie, c'est le changement."

Boris Cyrulnik, l'Ensorcellement du monde, encore.

J'aime bien.
Et je suis du assez du genre à me triturer les neurones pendant des heures quand je croise une petite merveille comme celle là au cours de mes lectures.
Bon pour être tout à fait honnête je le fait pour tout...
Et pourtant je suis impulsive.

Compliquée, en tout cas!

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19 octobre 2006

Fatiguée

... par l'attention nécessaire pour comprendre et fonctionner dans une langue étrangère, dans deux ou trois même suivant les personnes et le moment. A cela s'ajoute la difficulté de ne pas tout mélanger.
... par les efforts constants de socialisation et par l'insécurité de ne pas avoir ses amis ici, mais des vagues copains et connaissance.
... par les horaires espagnols qui veulent que toute animation nocturne ne commence qu'à minuit alors que les cours sont à 8 heures le lendemain (et par ma conscience pointilleuse qui me pousse à me lever!).
... par mes rêves polyglottes et les noeuds qu'ils cherchent à défaire. Et pas vraiment reposée car Mlle Queso n'est pas la discrétion incarnée et mène une vie nocturne trépidante!
... par le fait que mine de rien j'étudie pas mal, entre les cours d'espagnol et ceux de médecine.

... Au point de refuser une sortie dans un sympathique bar à tapas!

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10 octobre 2006

Une lumière s'éteint et la Tchétchénie s'enfonce encore un peu plus dans le noir

Anna Politkosvkaïa était une journaliste russe spécialiste de la Tchétchénie, dont les vues ne correspondaient pas à celles du Kremlin, qui considère ces guerres interminables comme un problème de terrorisme intérieur.
Elle passait énormément de temps sur le terrain, écrivant farouchement les vérités qu'elle recueillait, peu lues dans son pays dominé par la désinformation poutinienne.
Elle savait qu'elle risquait sa vie, elle a été assassinée samedi, à Moscou.

Mais tout ça vous le savez sûrement, comme moi vous lisez les journaux, regardez la télévision, vous attendant à y trouver des faits ou des analyses objectives. En général c'est le cas, ici. Parce que des journalistes vont sur le terrain.
Ils savent ce qu'ils risquent, ne sont pas forcés à le faire, mais incontestablement ils contribuent à nous donner une vision plus claire de notre monde. Plus moche aussi.

J'ai lu beaucoup d'articles et de livres de cette femme, me suis indignée en suivant ses pas en enfer.
La géopolitique du conflit tchétchène était le thème de mon Travail de Maturité, et ce fut un grand saut dans le côté le plus noir du monde des adultes, tellement différent des valeurs idéalistes de mes 18 ans.
Ces quelques journalistes me semblaient être le seul (et bien faible) espoir de ces pauvres gens, citoyens de cette république auto-proclamée, oubliée, parfois volontairement, par l'occident si prompt à vouloir faire régner l'ordre mondial. Au nom des dieux dollar et pétrole. Aux dépends d'êtres humains...

Mes valeurs n'ont pas changé, mais elles se sont agrémentées d'une bonne couche de pessimisme, cuirassées d'une carapace de cynisme. C'est peut-être ça être adulte. Dans ce cas je ne le suis pas encore, bouillonnant régulièrement d'une rage toute intérieure devant les nouvelles.
Ma gorge s'est serrée à la lecture de la dépêche annonçant cet assassinat.
Mais je n'ose pas espérer une enquête objective, pas plus que des réactions internationales ou un réveil du peuple russe.
Et je ne doute pas une seconde que cette mort sera bien vite oubliée, pour notre confort à tous...

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27 septembre 2006

Lecture

"... tout nouveau-né débarque dans un milieu déjà structuré. La nature attribue à son organisme une forme et un alentour sans lesquels il ne peut vivre. Pour cette raison première le monde est ensorcelé, il assigne à tout être vivant une façon de vivre qui ne peut être autrement. Tel est son sort, il est jeté. Toute vie est possédée.
Double ensorcellement pour l'homme. Pas d'autre issue que de subir le biotope structuré par la nature, puis le milieu réglé par les récits des autres. A son tour d'inventer sa propre odyssée, de devenir son avenir, de lire le sort qu'on a tiré pour lui. Il espère agir sur les choses, par ses gestes et par ses mots, apprendre à lire le monde pour l'influencer, en modifier le cours, et lui jeter un autre sort, humain cette fois. Assembler des paroles pour donner au monde la forme qu'il perçoit et dire un sortilège pour agir sur lui. Devenir sorcier à son tour, voilà le destin que l'homme s'assigne et nomme "liberté". "

L'Ensorcellement du monde, Boris Cyrulnik

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20 septembre 2006

La Tour de Babel

... dans ma tête!
Je pense en français, quoique parfois quelques idées s'échappent en espagnol.
Nous parlons espagnol à la maison, avec mes collocs. Mais deux sont allemandes, alors forcément parfois on dérive sur la langue de Göete, ce qui est pratique quand il nous manque des mots, et les phrases qui en sortent sont assez drôles!
Aujourd'hui à une réunion d'information erasmus, j'ai rencontré une fille avec qui j'avais déjà discuté en faisant la queue à l'office des relations internationales. Elle est finlandaise, ne parle pas espagnol. Ma petite tête surchargée avait un peu de mal à faire des phrases entières en anglais... Ce qui me fait systématiquement râler en français!

Posté par Poisson lune à 18:40 - EEG - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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