21 juillet 2007
Punto final
Ce blog était le récit d'une aventure, qui est maintenant bel et bien terminée. Alors je ferme.
J'ai eu un plaisir immense à écrire et à partager cette année espagnole avec vous.
Merci.
Je vous souhaite à tous plein de bonheur et de succès pour la suite!
06 juin 2007
Lost in translation
Entre fête d'adieux, autres soirées, plage, lecture, sieste et amis... Sur la fin et entre deux vies.
Plus facile de venir que de partir, de quitter un monde que l'on sait retrouver 10 mois plus tard que de gommer d'un coup de voiture la nouvelle vie crée ici. Entre profiter à fond du temps qu'il reste et larmes de devoir quitter ces gens, cette ville, cette langue et cette culture.
Le temps a un drôle de rythme en ce moment: il semble s'être arrêté, plus d'horaires, presque plus d'obligations sauf quelques certificats à récupérer. Mes amis en examen, du temps pour moi que je ne suis pas sure d'apprécier tant que ça... Déjà du temps sans eux! Mais parfois les heures semblent passer à vitesse grand V, je retrouve des gens un peu perdus de vues, on renoue des liens. Bonheur sur le moment, terreur de les perdre, après. Du coup on échange nos adresses en tout genre, entre le courrier, le mail, le chat... si on ne garde pas contact, avec tout ça!
21 mai 2007
Les yeux des autres
Je viens d'accompagner mon dernier visiteur à la gare.
Avec lui j'ai visité Barcelone, où nous avons marché, marché et encore marché! Ceux qui savent la nullité profonde de la peau de mes pieds en déduiront sans surprise que j'ai eu des ampoules (trois rien que sur le petit orteil droit!!! J'en profite d'ailleurs, si quelqu'un connaît une recette préventive, dites le moi , por favor!), et que donc je regardais presque toutes les terrasses que nous croisions d'un air réjoui, pas tant pour le verre que pour la chaise qui m'y attendait ;-)
Mais quelle ville merveilleuse! Enchantés (ensorcelés?) par Gaudi, perdus volontairement dans les petites ruelles, yeux grands ouverts dans les multiples églises, gavés de tapas et de glaces... Résultat: 205 photos et bien plus de souvenirs.
Et puis retour à Valence, où la Coupe de l'America bat son plein. Jamais lassée de faire découvrir cette ville que j'adore à mes amis, entre le centre historique, la cité des arts et des sciences, le port et la plage, la Turia,... Je suis chez moi, ici pas question de tomber dans les bars à tapas spécial touristes! A chaque fois je redécouvre Valence à travers les yeux de mes visiteurs, au gré de leurs intérêts et connaissances. Partage de savoirs, de cultures, d'avis. Echange. Merci à tous pour vos visites, pour cette richesse sans fin que m'apportent vos amitiés.
14 mai 2007
Week-end de fête
Vendredi
6h30: Mon réveil sonne.
8h15: Je retrouve mes amis de cours d'espagnol devant la fac de psycho, ambiance stress et derniers coups d'oeil aux résumés. Arrive notre prof chérie, encore plus sur ressort que d'habitude, nerveuse elle aussi.
9h00: Distribution des copies. Il en manque deux (organisation espagnole sur toute la ligne, zen soyons zen!) et c'est sur moi que ça tombe.
9h20: Je commence enfin, et les épreuves écrites s'enchaînent.
13h00: Je sort plutôt contente, malgré une partie vocabulaire compliquée et une compréhension orale difficile, interview d'un journaliste argentin à l'accent plus que marqué! Nous essayons de comprendre comment va se passer la partie orale, nous somme très nombreux et les profs pas du tout au clair sur comment ils vont s'organiser. Finalement les 3 premiers passent puis pause.
14h30: Sandwich à une terrasse pas loin, il fait chaud, on papote, je réclame un arrêt glace au prochain kiosque, petit air de vacances...
16h00: Nous revoilà à la fac, pas eu ma glace du coup je me replie sur un coca light bien frais, je discute avec tout le monde, rien de mieux pour créer des liens que d'attendre ensembles.
17h30: Finalement c'est mon tour, l'examinateur parle plus que moi, j'ai dû dire 10 phrases grand maximum, je ne sais pas comment ils vont juger mon niveau... A questions basiques réponses basiques!
20h00: Je suis chez moi et tente de faire la sieste, sans succès; mon voisin apprend à jouer de la guitare et est en pleine répétition. Je me rabat sur une assiette de pâtes, la nuit va être longue.
23h00: Je retrouve deux amies en centre ville pour un verre.
Samedi
00h30: Devant la boîte, toute l'école est là. Il est tôt la boîte est presque vide, à l'exception des requins qui tournent en rond dans leur aquarium.
Plus tard: On danse on boit on re-danse et on fait des photos, j'ai perdu ma voix ce qui fait rire ma prof, aussi bavarde que moi, elle sait à quel point c'est frustrant!
Beaucoup plus tard: Nos deux profs-copines-grandes soeurs espagnoles nous disent au revoir, tout ça sent le début de la fin de cette année erasmus, mes yeux débordent, il doit y avoir de mon mascara sur les t-shirts de la moitié des copines...
Très tôt: j'ai faim, mal aux pieds, sommeil. Ca fait plus de 24h que je suis debout, le jour se lève sur Valence.
15h30: J'émerge, mon estomac me fait payer les lites de coca bus pendant la préparation de cet examen et tous les mélanges d'hier soir. Ordi et bouquin, sur le canapé du salon.
18h30: Je sort faire des courses, rendre un dvd oublié la veille, puis sieste. Faut se ménager!
23h00: J'arrive chez la reine de la soirée, 21 ans en erasmus c'est le pied!
Dimanche
3h00: On fini par se décider à bouger, direction la boîte qui est gratuite pour les erasmus le samedi. Etant donné l'alcoolisation des troupe (moi j'ai rien bu, mon estomac me rappelle à l'ordre à la moindre odeur d'alcool) le chemin semble long, à tel point qu'on arrive trop tard. On continue la fête à l'appart d'une copine juste à côté, puis on va à la plage.
5h30: Baignade et lever de soleil sur la playa. Qu'est ce qu'on est bien ici, ensemble.
7h15: Le premier bus me ramène chez moi, douche, pâtes et dodo.
14h00: Petit déj' d'affamée, msn pour décider de la suite de la journée.
16h00: Je fini par localiser les filles sur la plage.
18h30: Premier repas complet et équilibré du week-end.
20h30: Bouquin dans mon lit, je sens que je ne vais pas tarder à éteindre!
Et demain je vais à Barcelone, je rentre vendredi juste à temps pour un autre anniversaire ;-)
06 mai 2007
Je vis au centre du monde
Et Valence commence à s'y plaire, dans cette position d'hôte d'une compétition internationale!
Parce qu'il faut bien le dire, la "Copa de la America" ne faisait pas vraiment l'unanimité ici. Les valenciens ne sont pas de gens de mer et la voile est un sport de (très) riches. Alors voir sa ville en travaux, dépenser des millions pour des infrastructures... Les gens ne se reconnaissent pas dans cet événement, à tel point que les organisateurs craignaient de ne pas avoir de public! Et finalement, les campagnes publicitaires, les efforts pédagogiques pour expliquer ce sport ont amené du monde au port. Public il y avait, mais de vent nulles traces... Début fastidieux donc, mais vent et soleil semblent être revenus.
Et ce que personne n'attendait, les résultats du Desafio español, en passe de se qualifier pour les demi-finales, fait monter l'enthousiasme populaire, à tel point qu'on commence à espérer une nouvelle victoire helvétique et une seconde édition valencienne!
Une finale Suisse - Espagne?!? Peu probable, mais étant donné que le David local (les espagnols ont un tout petit budget, ils sont là parce que chez eux) a gagné contre le Goliath américain, il est permit de rêver.
23 avril 2007
Biais de sélection?!?
Comme la majorité des français, j'étais devant la télé pour les résultats du 1e tour, hier soir. Enfin la télé via un ordinateur portable, j'entends. Parce que les élections vue via les chaînes espagnoles, c'est drôle mais quand même moins clair.
Petit groupe d'Erasmus réuni devant france 2, des français et une chinoise, aussi excitée que nous: elle découvrait la démocratie européenne...
Les opinions s'affrontent entre les rondelles de chorizo et les tranches de pizza, ambiance bonne enfant. Même si nous n'avons pas tous voté pareil, aucun de nous n'est pour le grand gagnant de la soirée.
C'est pourquoi je me demande si l'échantillon relativement petit fausse les statistiques, ou si le fait de partir étudier un an à l'étranger ne serait pas déjà une "sélection".
Jusqu'à quel point le fait nous soyons étudiants, partis en Espagne et amis nous catégorise-t-il dans un (ou des) sous-groupe de citoyens?
19 mars 2007
les Fallas: Une journée d'anniversaire
Me voilà presque au bout de ces 4 jours de folie. Contente de les avoir vécus, mais contente aussi que ça se termine! Parce que trop: de bruit, de monde, de nuits blanches, de rires et de rencontres, d'alcool, de feux d'artifices, de sursauts parce qu'un pétard inattendu explose à côté de moi, de mal aux pieds, de musique et de danse, de traditions et de défilés aux fleurs...
C'était bien, c'était riche et ce n'est pas fini. Ce soir les statues seront brûlées et avec elles les misères de l'an passé, l'hiver définitivement oublié (remarqué j'ai pris un coup de soleil aujourd'hui, alors hiver, hein!), on regardera le dernier feu d'artifice et demain la vie normale reprendra son court.
Je vais vous raconter les 24h de ma journée d'anniversaire, déjà tellement loin et ne datant pourtant que d'avant-hier.
Il n'est pas encore minuit, concert gratuit dans un des nombreux jardin de la ville, on chante et on danse, on picole aussi, le rhum-coca passé en fraude à l'entrée. On s'enfuie avant la fin, pour être à temps sur un des ponts depuis lequel on admirera un superbe feu d'artifice, chaque soir plus beau, plus grand, plus fou. Echange de bisous (et de virus au passage), j'entre dans une nouvelle année sous un ciel pointillé d'or et de couleurs :-)
Plus tard, une rue, une Falla, une scène, de la musique, toujours le rhum-coca, nous voilà bien partis pour danser jusqu'à l'aube.
Réveillée par une fanfare matinale, je me lève à temps pour la mascleta de 14h, sous le soleil un monde fou, pas moyen ni d'avancer ni de reculer, impossible de retrouver les amis coincés eux-aussi dans la foule. Assourdie par le bruit, je me demande comment les fenêtres résistent et constate que les alarmes des voitures ne tiennent pas le coup, elles se mettent toutes à sonner... ce que l'on entend à peine dans le bruit ambiant! Je me ballade dans la ville en fête, photographie les fallas que je croise, puis rentre faire un petit somme.
Rendez-vous en fin d'après-midi Plaza de Toros, ma première corrida: je suis entourée d'espagnols et constate que le spectacle est tout autant dans les gradins que dans l'arène, du moins pour moi! A ma droite un groupe de jeunes qui boivent plus qu'ils ne regardent, commentent et feraient forcément mieux que les toreros ;-) Devant moi un groupe d'amis en couple, bonne quarantaine, ici c'est pic-nic, ces dames sortent plateaux des mini-sandwichs et pâtisseries, fournissent bière et champagne à ses messieurs, assis un rang derrière. Et dans mon dos un couple de retraités sympathiques, le mari expliquant la psychologie taurine à sa femme. Le premier matador est nul, je suis prête à fuir, la foule lui suggère de sortir un pistolet pour achever cette pauvre bête, les plus insolents parlent de mitraillette... Heureusement au second, l'art prend le dessus sur la boucherie, le jeu cruel et inégal est presque justifiable par l'étrange ballet entre le matador et le taureau, mélange de défi et d'apprivoisement, d'attaques et d'esquives. Mais je m'ennuie rapidement, heureuse quand la 6e et dernière carcasse est enlevée.
Ce soir ce sera tradition, grâce à une de mes prof d'espagnol qui nous a invités à venir dans son village. Métro vers minuit, on dépasse la zone A que je commence à bien connaître pour s'aventurer loin de la ville. Accueil chaleureux par des falleros ravis de nous faire partager leurs traditions, on boit on danse on parle jusqu'à l'aube, les étudiants font la fermeture, on part à la recherche d'une autre falla dans laquelle la fête continuerait, le jour se lève sur Massamagrell, les indigènes décident qu'il faut absolument nous parler anglais puisque nous sommes étrangers (au grand désespoir de celle qui essaie de nous faire entrer dans la tête les règles et mystères de la langue de Don Quijote), on rigole bien et puis on s'effondre dans le métro...
Je rentre chez moi il est 8h30, la mascleta du réveil me guide jusqu'à ma porte, le temps que je prenne une douche et que je me mette en pyjama un relatif silence est revenu, de toute façon rien n'aurait ou m'empêcher de m'endormir!
16 mars 2007
Les Fallas: La mascleta
La fête et le bruit vont de paire en Espagne, les feux d'artifices sont donc toujours au programme, et ils sont superbes, tirés en général au-dessus de la Turia, le grand jardin qui entoure la ville.
Mais la mascleta à lieu de jour, à 14h, du 1e au 19 mars, Plaza del Ayuntamiento. C'est un concert de pétards et de feux d'artifices, qui va en s'amplifiant à mesure que la fête avance. C'est aussi un concours entre artificiers, et leurs sponsors respectifs.
La place est noire de monde, les plus courageux s'y rendent très en avance pour avoir le privilège d'être au premier rang. A l'heure pile (comme quoi être à l'heure c'est possible!), la Fallera Mayor (reine des Fallas, dans son costume traditionnel) annonce le début de l'événement depuis la terrasse de l'Hôtel de Ville. Tout le monde se tait, le bruit et les couleurs envahissent le ciel, les vibrations vous font résonner les poumons, le soleil disparaît derrière la fumée.
C'est impressionnant, je m'attends à chaque fois à voir les vitres des immeubles alentours exploser, mais non... Demain par contre j'y vais avec des boules quiès, on s'approche du seuil de la douleur, je tiens à mes oreilles!
D'ailleurs maintenant nous savons pourquoi ici on hurle tout le temps, à ce régime sonore depuis la petite enfance, je serai curieuse de savoir quel est le seuil d'audition moyen du valencien!
Il y a une autre tradition, c'est la mascleta du réveil... Vous devinez tout de suite que je trouve ça beaucoup moins rigolo! Vers 8h chaque Falla tire ses pétards pour réveiller le quartier: sachant que je me couche aux aurores (je ne suis pas la seule d'ailleurs, on en est tous là), j'apprécie moyennement l'idée, surtout qu'il n'y a pas moins de 3 Fallas autour de chez moi, qui, évidement, ne synchronisent pas le boucan, mais l'étalent!
14 mars 2007
Retour
Je pourrais vous parler de Cordoue, dernière étape de mon excursion Andalouse, de la visite rapide du centre ville pittoresque. Vous donner mes impressions sur les quelques cours et pratiques où je suis allée. Mais tout ça est déjà loin, rangé dans les souvenirs de mon espace-temps fou, déformé par les secondes qui passent toujours trop vite et les kilomètres parcourus en train, bus et avion.
Je suis repassée par mon chez-moi officiel, le vrai je ne sais plus bien où il se situe.
Rentrée donc, pour accueillir un petit bout de 3,4 kg, nouvel ange dans ma vie :-) Eu droit au passage à une cure de câlins, de bisous et d'amour. En prime, une réserve d'amitiés solides et belles.
Je me retrouve dans une ville en pleine effervescence, les Fallas de Valencia sont célèbres, et pour cause: mélange de fête artisanale et religieuse, de compétitions entre les différents quartiers de la ville, de carnaval... Il y en a pour tous les goûts, 24h/24, partout, pendant 4 jours!
La vie normale est mise entre parenthèses: pas d'école ni d'uni, les hôpitaux tournent au ralenti, ceux qui ne participent ou n'aiment pas quittent la ville. Les touristes l'envahissent, et tout ce beau monde se retrouve dans les rues, sur les places.
Au programme de ce blog ces prochains jours, les Fallas donc, comme toutes les pensées qui flottent au-dessus de Valencia en ce moment!
28 février 2007
Andalousie 3: Séville (3e jour)
Cette fois les bus partent presque à l'heure, je roupille pendant tout le trajet et je ne suis pas la seule! Arrivée à Séville en milieu d'après-midi, débarquement à l'hôtel des 168 zombis, répartition des chambres. Je suis avec une amie française, ça tombe bien, pas vraiment assez de neurones actifs pour composer avec le mixe espagnol-allemand de ma chambrée précédente.
Après une douche rapide et un passage au supermarché pour notre p'tit déj du lendemain, nous voilà parties pour une ballade en ville. On marche au bord du Guadalquivir, il y a un petit rayon de soleil de fin de journée, c'est superbe!
Mon deuxième coup de foudre espagnol, après Valence. Bizarre comme je m'étais fixée sur Grenade, avant de partir, comme j'aurais tout donné pour y aller. Séville était mon 2e choix, Valence le 4e... Et bien je ne suis pas mécontente de la tournure des événements, même si je sais bien qu'on ne voit pas une ville de la même façon si on y vit ou si on visite. Et je regrette quand même un peu l'Andalousie, j'adore leur accent, j'aimerais parler comme ça, ce qui fait rire ma prof d'espagnol.
Petit souvenir sportif, bien que je n'ai pas joué depuis que je suis en Espagne, je me rends compte à quel point le water-polo me manque quand je vois un match de kayac-polo sur la rivière. J'ai pris des photos, pas vu une seule fille, me suis demandé si j'aurai pu jouer si j'avais vécu là-bas. Il y a des questions qui sont mieux sans réponses, sans regrets...
Petite sangria à jeun sur un bar-flottant, la vie est belle, et les têtes tournent.
On marche encore un peu jusqu'à la tombée du jour, le débit de rire et de bêtises est à son comble, puis on retrouve des copines à l'hôtel pour un pic-nic improvisé dans une des chambre. Puis dodo. Enfin il y en a qui sortent, moi j'abdique! je veux visiter le lendemain, pas me traîner toute la journée.