L'aquarium

La vie d'une étudiante en médecine en Erasmus à Valencia

28 février 2007

Andalousie 3: Séville (3e jour)

Cette fois les bus partent presque à l'heure, je roupille pendant tout le trajet et je ne suis pas la seule! Arrivée à Séville en milieu d'après-midi, débarquement à l'hôtel des 168 zombis, répartition des chambres. Je suis avec une amie française, ça tombe bien, pas vraiment assez de neurones actifs pour composer avec le mixe espagnol-allemand de ma chambrée précédente.
Après une douche rapide et un passage au supermarché pour notre p'tit déj du lendemain, nous voilà parties pour une ballade en ville. On marche au bord du Guadalquivir, il y a un petit rayon de soleil de fin de journée, c'est superbe!
Mon deuxième coup de foudre espagnol, après Valence. Bizarre comme je m'étais fixée sur Grenade, avant de partir, comme j'aurais tout donné pour y aller. Séville était mon 2e choix, Valence le 4e... Et bien je ne suis pas mécontente de la tournure des événements, même si je sais bien qu'on ne voit pas une ville de la même façon si on y vit ou si on visite. Et je regrette quand même un peu l'Andalousie, j'adore leur accent, j'aimerais parler comme ça, ce qui fait rire ma prof d'espagnol.

Petit souvenir sportif, bien que je n'ai pas joué depuis que je suis en Espagne, je me rends compte à quel point le water-polo me manque quand je vois un match de kayac-polo sur la rivière. J'ai pris des photos, pas vu une seule fille, me suis demandé si j'aurai pu jouer si j'avais vécu là-bas. Il y a des questions qui sont mieux sans réponses, sans regrets...
Petite sangria à jeun sur un bar-flottant, la vie est belle, et les têtes tournent.
On marche encore un peu jusqu'à la tombée du jour, le débit de rire et de bêtises est à son comble, puis on retrouve des copines à l'hôtel pour un pic-nic improvisé dans une des chambre. Puis dodo. Enfin il y en a qui sortent, moi j'abdique! je veux visiter le lendemain, pas me traîner toute la journée.

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27 février 2007

Andalousie 2: Grenade (deuxième jour)

Réveil difficile après une courte nuit, mais l'expédition du jour est à la hauteur de l'effort: l'Alhambra, forteresse datant de la colonisation arabe de l'Espagne. Entre les murs et les tours d'enceinte, des palais avec mosaïques et cours intérieures, des jardins avec fontaines... Superbe, malgré le brouillard et les quelques gouttes de pluie.
La visite fut durement gagnée, par contre. Parce que les bus sont arrivés près de deux heures après le rendez-vous prévu, ce qui met de très moyenne humeur quand on se rend compte qu'on aurait pu doubler nos heures de sommeil! Et que malgré l'importance du troupeau, pas de billet de groupe pris à l'avance alors on fait la queue, puis on attends notre heure de passage (il y a un nombre limite de visiteurs autorisés à la fois)... Du coup bien le temps de boire des cafés, d'écrire des cartes postales et de papoter.

Le soir, on fait dans le typiquement espagnol, un "botellon". Le principe est simple et convivial: une place, des gens avec leurs bouteilles et glaçon, on mélange le tout et ça donne une fête en plein air. A Grenade ça se passe sur une grande place un peu à l'extérieur de la ville, pas de voisins pas de problèmes... C'est interdit dans la plupart des villes d'Espagne, mais là-bas toléré par les flics qui veillent de loin. L'idée est bonne, sauf qu'en février on se gèle! Donc on boit, logique non? Et bien c'est là que se cache le piège: les vessies se remplissent... et pas de "servicios" sur un parking! Les mecs sont vachement avantagés, dans ce genre de situation ;-)
On va se réchauffer (et faire pipi) en boîte: c'est un ancien théâtre transformé en disco, très sympa. Malheureusement la musique donne plus envie de se vautrer sur les fauteuils que de danser.

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26 février 2007

Andalousie 1: Grenade (premier jour)

On fait un peu colonie de vacance, avec les trois cars, les valises et les 168 étudiants tout excités par la perspective de des cinq jours de voyage. Mais la comparaison s'arrête là. Parce qu'on se retrouve dans un pub, à 3h30 du matin, et que les plus vaillants n'ont pas dormi mais commencé la fête. Que les "porros" et les bouteilles tournent entre les groupes, avant de monter dans les bus.
Mais finalement tout le monde s'endort, et nous arrivons quelques 8 heures à Granada.
Je suis avec un groupe de filles à forte dominance germanophone, mais on essaie de parler espagnol. Après s'être installées à l'hôtel on part à la recherche de l'office du tourisme, sous un ciel gris. Contrairement à Valence ici c'est encore l'hiver, je regrette mes gants. Mais finalement on se ballade dans la vieille ville, et comme ça monte, on se réchauffe! On fait les folles et des photos, on admire les petites ruelles, l'Alhambra au loin. On papote avec un groupe d'étudiants et d'erasmus français qui jouent de la musique dans un parc. Plus loin, une église, une place, des gens avec des tambours, des chiens, des bières et des pétards. Une fille chante, ses potes tapent le rythme, certains dansent. Ambiance gitane, coucher de soleil.
Un thé et une chicha pour nous réchauffer, l'Afrique du Nord n'est pas loin.
On commence la soirée par une visite guidée de l'Albaycin, l'ancien quartier arabe, c'est dommage il fait déjà noir... Et puis on va voir du flamenco, enfin au chaud, assis, mes paupières sont un peu lourdes. Mais le bruit, les couleurs et un cuba libre me remettent d'aplomb. La danse est impressionnante, la technique parfaitement maîtrisée, mais je trouve les visages fermés et durs. J'en reste à l'exploit physique et technique jusqu'à ce que dansent un garçon et un fille, ensemble. Là le jeu de séduction amène ce qu'il manquait de douceur et de magie, je suis sous le charme.
Il est déjà tôt quand nous allons danser à notre tour, et la nuit ne fait que commencer.

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20 février 2007

Compañeros de piso - 4: Patience incarnée

La Fée est partie. C'est triste de se dire que le bilan de 5 mois de vie commune se résume à de l'indifférence agacée...

Remplacée par un mec, espagnol, sympa au premier abord, qui cuisine bien et d'une patience folle.

Je vous explique: moi quand j'ai un truc nouveau, il faut que je l'essaye tout de suite. Bon je ne suis patiente pour rien, mais quand il s'agit de nouveaux achats c'est le pire. Quand quelque chose doit arriver par la poste je monte la garde devant la boîte aux lettres le lendemain de la commande, tout en sachant bien qu'il n'y a aucune chance que le paquet soit même parti, mais c'est plus fort que moi!!! Quand j'achète des fringues je les mets tout de suite, enfin voilà, quoi.
Ben lui pas (non, pas aussi taré que moi, ça c'est dur à égaler, mais pas impatient du tout). Il s'est acheté un vélo samedi, un chouette machin pliable qu'on a monté dans le salon. Hé bien nous sommes mardi soir et il ne s'est toujours pas assis dessus! Autant vous dire que je ne comprends pas ;-)
Mais comme la patience est un de mes objectif pour cette année j'ai trouvé un bel exemple!!!

Et puis c'est chouette de parler espagnol d'Espagne et non d'erasmus (d'un côté de la conversation du moins!), de parler culture et politique avec un mec qui a déjà un pieds dans le monde du travail (il termines ses études d'informatique tout en bossant).

Voilà, je ne le connais pas encore très bien, mais voici mon nouveau coloc.

Et puis je vous annonce une interruption des programmes jusqu'à lundi, je pars en Andalousie demain très très très tôt.

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18 février 2007

Dimanche matin

Quand on s'est couché tard, ou plutôt relativement tôt, rien de mieux qu'une douche froide pour se réveiller...
Pas eu vraiment le choix de toute façon, le chauffe-eau est en panne depuis mardi!
La gérance a promis de venir réparer, la grande question étant dans combien de temps...

Posté par Poisson lune à 14:17 - La vida en España - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2007

Un jour peut-être

En rendant mon dossier erasmus, et après, avant de venir ici, j'étais d'un calme qui m'étonnais. Et quand j'y réfléchissais, je me voyais soit comme dotée d'une prétention sans fin, soit d'une inconscience folle! Je partais vivre et étudier dix mois dans une ville dont je ne parlais quasiment pas la langue, loin de mes repères géographiques, affectifs et culturels, sans que ça me trouble plus que ça...

Un semestre plus tard, je me présente à deux examens, sans trop y croire, sachant que je n'avais pas consacré beaucoup de temps à ces matières.

Et puis il y a quinze jours, je joue avec ma mauvaise foi. Un examen blanc d'espagnol pour savoir si je me présente au vrai, en mai. Que je décide de faire pour me prouver que je ne suis pas prête, et mettre une bonne fois pour toute fin à la question de cette inscription.

Finalement les trois examens se révèlent réussis, et mon séjour aussi, jusqu'ici. Ce qui me fait immédiatement dire que la correction a été sympa pour les erasmus, et que j'ai eu de la chance en espagnol...
Ce qui me fait penser, aussi (comme quoi tout n'est pas perdu!), que je pourrais envisager d'arrêter de douter, et avoir confiance en moi.

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14 février 2007

De retour, sur la toile comme en cours

Je me rends compte que je n'ai pas posté depuis plus de dix jours. Ce qui ne m'empêche pas de penser à vous, souvent, ni de faire mon petit tour quotidien des blogs que j'apprécie.
Pourtant je ne manque pas d'idées ni de choses à raconter. Juste que pas envie... et bons bouquins, beaucoup de cours, moral un peu montagnes russes, aussi.

Le deuxième semestre commence sur les chapeaux de roues, nouvelles branches et pratique d'ophtalmologie au programme.
Sauf que le cours en question ne commence que demain alors que nous sommes en blouse blanche depuis lundi... Donc on rame un peu, tous! J'essaie, avec un succès mitigé, de localiser mes souvenirs de neurosciences dans mon propre cerveau. Mais les médecins sont conscients du problème et aussi embêtés que nous! C'est agréable de sentir un service entier concerné par les étudiants dont il a la charge, de voir des assistants et des chefs nous gribouiller des schémas sur tout papier qui a le malheur de se trouver à portée de main.
J'ai commencé par deux matinées au bloc, et ce qui est merveilleux pour les étudiants dans la chirurgie fine, c'est que les opérations se font sous microscope, relié à un écran. Donc on voit ce qui se passe, et vachement mieux que perché sur un tabouret à 15 km du champ stérile, caché à notre vue par le chirurgien, son assistant et l'instrumentiste! Et j'ai bien aimé: c'est impressionnant (surtout que tout ça se fait sous anesthésie locale, donc le patient papote sous son drap vert), et minutieux.
Maintenant je suis aux consultations, c'est toujours un peu le bordel point de vue organisation et peu de temps est consacré à chaque patient. La rançon de la gloire d'un système hospitalier où l'individu ne paye pas, sinon par ses impôts... il y a vraiment de gens qui viennent pour rien! Du coup les discussions vont bon train, on compare nos systèmes de santé respectifs, il faut dire que c'est un groupe super international, beaucoup d'erasmus. D'ailleurs une infirmière à proposé un pic-nic "spécialités européennes" le dernier jour :-)
Mais je n'ai pas encore eu le droit de toucher le moindre appareil, demain je vais essayer de négocier le fond d'oeil.

Sinon, je continue avec la pédiatrie et la gynéco-obstétrique, et j'attaque la psy et l'ORL, en plus de l'oftalmo. Branches qui ont l'air intéressantes, à première vue.

Mais pourquoi, pourquoi, faut-il que les cours commencent à 8h du matin???
(Je précise pour d'éventuels futurs erasmus -oui google nous surveille tous- que seuls les étudiants en médecine bénéficient de cet horaire tout à fait barbare, du moins pour l'Espagne)


Posté par Poisson lune à 20:22 - La vida en España - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 février 2007

Résolution

Je ne lisais presque plus, depuis le début de mes études de médecine. Enfin, je parle de lecture pour le plaisir, hein, pas de notes/bouquins de cours!!!
Parce que les journées sont bien remplies, les vacances et les week-end souvent passés à la bibliothèque. Et qu'en rentrant, je suis juste bonne à me vautrer devant des séries télé, si je ne suis pas à la piscine ou devant un café, une bière ou une pizza avec des amis.
Mon univers s'est quelque peu rétréci, donc.
Parce que point de vue culture, malgré quelques cinés et sorties au théâtre et à l'opéra, c'était un peu la sécheresse, dans ma tête. Je ne parle même pas des journaux, si ma page d'accueil internet n'était pas, suivant l'époque, "Courrier International", "Le Monde" ou le "Diplo", voire les dessins de Chappatte (ce type est génial, du super résumé cynique à souhait), les USA auraient pu faire exploser la planète j'aurai été la dernière au courant (ah, c'est fait...). Le plus affligeant c'est que ce que je prenais la peine de lire c'était... des articles médicaux (qui, soit dit en passant, sont affichés à la bibliothèque). Bon au moins pour ça la télé permet de se tenir à peu près à jour (et le papa journaliste qui fait des résumés aussi ;-) ).

Enfin, me voilà en erasmus, un peu moins de boulot, beaucoup de trucs à découvrir aussi. Sur ce pays dans lequel je vis, sa culture, son histoire, sa géographie. Et là je découvre à quel point ça m'a manqué, cette curiosité pour le monde qui m'entoure, cette envie de tout comprendre et de tout savoir. En espagnol on dit "apprenti en tout et spécialiste en rien", c'est un peu péjoratif mais finalement tellement chouette!!!

Et maintenant que j'ai un assez bon niveau pour lire des romans espagnols en langue originale avec plaisir (ouais parce que si c'est pour lire le dico en parallèle c'est moyennement relaxant!), j'ai découvert un certain Eduardo Mendoza, qui non seulement écrit des histoires à mourir de rire mais en plus porte affectueusement un regard critique sur la société espagnole. J'adore. Et redécouvre les journées passées à lire "encore un chapitre" avant de faire quelque chose d'autre (genre les courses/voir des amis/de la médecine interne/ de la grammaire espagnole).
Je suis en vacances, il pleut, c'est donc l'occupation parfaite! Mais si le soleil revenait je pourrais lire dans un parc ou à une terrasse, ce serait bien, aussi ;-) (Oui, ceci est bien une réclamation à Monsieur Météo, je suis en Espagne, il doit faire beau, c'est tout!)

Et c'est un des changements que je veux rapporter avec moi en juin: ne plus oublier de prendre du temps pour d'autres activités cérébrales que mes études, nourrir ma curiosité sans fin, apprendre et découvrir, faire de moi une personne complète.
Et ça ne va pas être facile! Parce que, en plus d'avoir choisi des études longuettes et chronophages, je suis entière et passionnée par ce que je fais.

Posté par Poisson lune à 19:59 - EEG - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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